Skyrock.com
  • ACCUEIL
  • BLOG
  • PROFIL
  • CHAT
  • Musique
  • Sources
  • Vidéos
  • Waka
  • Groupes
  • Cadeaux
  • Facebook
  • Connecte-toi
  • Crée ton blog

faranzuequearrieta

En ligne

Photo de faranzuequearrieta
  • Devenir fanFan
  • Ajouter à mes amisAmi
  • Envoyer un messageMessage
  • Voir son profil
  • Plus d'actions ▼
  • Offrir un cadeau
  • Bloquer
  • Fais tourner ce blog

Statistiques

  • 32 097 Visites
  • 300 Kiffs
  • 225 Coms

125 archives

  • L'enfant bleu  d'Henry Bauchau
  • Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus d'Eric-Emmanuel Schmitt
  • Moon Palace de Paul Auster
  • La religieuse de Denis Diderot
  • Lo que me queda por vivir  de Elvira Lindo

20 honneurs

  • Aiguilleur
  • Gratte Skyrock
  • Fans 10
  • Mobile
  • Post 100

1 339 amis

  • McDesmon-officielMcDesmon-officiel
  • yoanndu72622yoanndu72622
    21 ans
    Nantes - Loire-Atlantique (44)
    France France
  • LecturesxFilmsLecturesxFilms
    16 ans
    France France
  • Books29Books29
    24 ans
    France France
  • Liseuse-en-bookLiseuse-en-book

13 fans

  • epopee-litteraireepopee-litteraire
  • Mon-univers-livresqueMon-univers-livresque
  • EightyDecemberEightyDecember
    18 ans
    Bordeaux - Gironde (33)
    France France
  • foubrunfoubrun
    51 ans
    Rabat
    Maroc Maroc
  • FAKExLAUGHFAKExLAUGH

1 fan de

  • faranzuequearrietafaranzuequearrieta
    36 ans
    France France

241 tags

  • 1Q84
  • acte sud
  • aranzueque arrieta
  • Aranzueque-Arrieta
  • auster
  • bauchau
  • djian
  • Elvira Lindo
  • goncourt
  • Haruki Murakami
  • Littérature japonaise
  • manga
  • Mishima
  • NDiaye
  • perez reverter
  • renaudot
  • roth
  • rushdie
  • sagan
  • taniguchi

BIENVENUE SUR LE BLOG LITTERAIRE

de Frédéric Aranzueque-Arrieta

L'actualité littéraire en français et en espagnol

Site de l'auteur:
http://faranzuequearrieta.free.fr

Création : 22/08/2009 à 04:55 Mise à jour : Aujourd'hui à 06:56

L'enfant bleu d'Henry Bauchau

L'enfant bleu  d'Henry BauchauL'enfant bleu
Henry Bauchau
Acte Sud
 
Véronique est psychanalyste. Elle travaille depuis peu à l'hôpital de jour où elle prend en charge plusieurs heures par semaine Orion, un adolescent qui souffre de troubles psychologiques lourds - sa pathologie exacte n'est pas mentionnée -.
Le jeune handicapé est hanté par le démon de Paris qui lui fait perdre ses moyens, il le pousse à sauter ou à taper sur tout ce qui l'entoure.
Véronique devient sa psycho-un-peu-prof. Au fil des années, s'installe une relation singulière entre eux deux ; il l'appelle Madame tout en la tutoyant.
Parce qu'Orion a du mal à écrire, Véronique l'encourage à dessiner ; elle lui prédit même un avenir d'artiste. Il parvient à communiquer avec ses dessins, ses peintures, puis plus tard avec ses sculptures ou ses gravures qui reflètent le monde bouillonnant qui tourmente son esprit.
Pour mettre des mots à ses tourments, Orion invente les « dictées d'angoisse », un exercice thérapeutique et cathartique à travers lequel il se livre. Il énonce à sa prof - en utilisant un lexique et des expressions bien à lui - des textes qui coulent de sa bouche à un rythme effréné et qu'elle tente d'écrire ; elle les lui fait toujours relire.
Lorsqu'il parle de lui, Orion ne parvient pas à employer le « Je », il utilise « On » à la place.
Une relation de confiance, d'amour même à la limite du transfert, nait entre la thérapeute et son patient-élève à tel point que l'on ne sait plus qui a besoin le plus de l'autre ?
Le rôle de Véronique est difficile à définir, son implication personnelle dépasse de loin ses fonctions.
Parallèlement à son travail, le quotidien de Véronique, dont on suit les trajets en métro et RER, est en partie comblé par sa vie avec Vasco, ancien champion automobile travaillant désormais dans un garage et musicien passionné.
L'histoire se déroule sur une quinzaine d'années, entre le moment où Véronique prend en charge Orion et celui où ce dernier parvient à dire « Je ».
L'enfant bleu est certainement un des rares romans qui raconte les longues années de cure et d'accompagnement psychologique et éducatif d'un adolescent puis d'un jeune adulte psychologiquement perturbé.
C'est à travers le regard de Véronique, la narratrice et la thérapeute que l'on suit l'évolution d'Orion et la sienne ; les deux personnages grandissent, évoluent, se cherchent d'un point de vue identitaire parallèlement.
Son écriture reflète ses doutes, ses combats, sa profonde empathie. Elle ne sombre jamais dans le jugement, essayant toujours de comprendre - au sens premier - et de s'adapter avec une formidable compassion à son élève-patient.
On assiste à ce travail perturbant de longue haleine, à son implication totale, à la fois intellectuelle, psychologique et physique. Elle prend des risques professionnels d'un point de vue thérapeutique - elle pousse Orion à devenir artiste ; empiète-t-elle sur sa liberté ? - mais aussi dans sa vie de couple, car elle fait entrer son patient-élève dans son intimité, dans son quotidien en le recevant chez elle ; une relation amicale naîtra entre Orion et Vasco.
La vie du couple est animée par l'expression artistique ; la musique pour lui, la poésie pour elle ; néanmoins, Vasco parvient à s'affranchir de ses peurs et à trouver « sa » musique tandis que Véronique peine à écrire, elle n'a plus publié depuis des années.
La thérapie qu'elle entreprend avec Orion l'aide aussi à se construire, à assumer des blessures encore béantes - la mort de son enfant nouveau-né -, à aller de l'avant. Elle se relève et se révèle en même temps que le jeune homme grandit.
Le roman d'Henry Bauchau surprend par sa simplicité, tout comme par son aspect novateur. A travers le langage d'Orion, l'auteur crée une langue d'une rare beauté, bousculant la grammaire, la syntaxe et le lexique français. On est transporté dans le monde de cet adolescent, on est conquis par la poésie de ses phrases, bouleversé par ses images poétiques, surréalistes parfois, qui traduisent sa réalité.
Lire L'enfant bleu est une véritable expérience humaine, psychologique et littéraire, le lecteur n'en ressort pas indemne ; il est impliqué dans cet univers, dans cette « obscure clarté » qu'est le combat thérapeutique de Véronique pour sauver Orion des griffes du démon de Paris.
C'est par les mots de Véronique que l'on découvre les ½uvres du jeune handicapé, ses dessins, ses tableaux, ses sculptures, ses gravures ; ces différents modes d'expressions artistiques deviennent visuels pour le lecteur à travers le verbe et le regard de la narratrice. Ce procédé provoque une réaction certes guidée - nous sommes tributaires de l'enthousiasme de la narratrice - mais le ressenti demeure personnel ; ce « filtre narratif » ne biaise en rien le résultat et l'émotion que suscitent les images d'Orion grâce aux mots-reflets de Véronique, ils sont complémentaires.
L'auteur s'est servi de son expérience de psychanalyste mais aussi de poète pour donner cette dimension si singulière à son roman.
L'écriture d'Henry Bauchau est limpide, lumineuse, parfaitement épurée, il tend vers le juste avec la grâce qui lui est propre. Comme souvent dans ses romans la littérature et la peinture deviennent un complément humain presque spirituel pour les personnages qui pratiquent ces arts.
L'enfant bleu est une ½uvre majeure d'Henry Bauchau. A  découvrir absolument !
 
http://faranzuequearrieta.free.fr
Tags : Bauchau, L'enfant bleu, Acte Sud, Aranzueque-Arrieta
​ 1 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.210) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le mercredi 16 mai 2012 06:46

Modifié le mercredi 16 mai 2012 06:56

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus d'Eric-Emmanuel Schmitt

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus d'Eric-Emmanuel SchmittLes dix enfants que madame Ming n'a jamais eus
Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel
 
Madame Ming est dame pipi dans les latrines masculines d'un grand hôtel de Yunhai, dans la province de Guangdong, en Chine. C'est dans cet endroit insolite que le narrateur la rencontre entre deux négociations avec une compagnie de jouets.
Les deux personnages en viennent à parler de leurs enfants. Madame Ming prétend en avoir dix, mais cela est-il possible dans le pays de l'enfant unique ? Est-elle une mythomane, une menteuse compulsive ou une affabulatrice ?
Au fur et à mesure des conversations, au fil des mois et des voyages du narrateur en Chine pour acheter des jouets, se crée un lien singulier entre l'européen et la chinoise.
Le narrateur est initié notamment à la philosophie millénaire de Confucius qui ressurgit à travers les pensées sous forme d'aphorismes et les conseils de la dame pipi.
Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus est le sixième volet du « cycle de l'invisible » - dont sont issus entre autres Oscar et la dame rose et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran - qui situe à nouveau son action en Asie, après le récit du Sumo qui ne pouvait pas grossir.
C'est sous le signe de l'enseignement et de la sagesse de Confucius que s'inscrit ce nouveau texte.
Comme souvent avec les livres d'Eric-Emmanuel Schmitt, le style est épuré et simple - pour ne pas dire simpliste -. Il est d'ailleurs légitime de se demander à qui s'adressent ces courts récits qui sont d'un abord très facile et qui prémâchent certains discours philosophiques de façon partiale en utilisant beaucoup de lieux communs.  
Peut-être serait-il préférable de classer Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus dans le rayon « littérature jeunesse » - sans aucun procès d'intention ! -, car reconnaissons tout de même à ce récit des qualités pédagogiques bien que fort édulcorées et d'autres morales assez intéressantes. Cette étiquette serait certainement plus honnête et donnerait une autre valeur aux différents récits du « cycle de l'invisible ».
La narration des particularités des enfants de Madame Ming est parfois amusante - notamment celle de sa fille qui avait pour projet dès sa plus tendre enfance de tuer Madame Mao - mais l'auteur ne fait que survoler ces histoires, frustrant et décevant le lecteur.
Le livre se lit rapidement, néanmoins il n'en reste pas grand chose à la fin. Si l'intention est bonne, l'idée originale et le principe philosophique louable comme souvent chez Schmitt, l'écriture et la structure du récit ne sont pas vraiment à la hauteur.
D'un point de vue strictement littéraire le roman ne révèle aucune ambition et ne présente aucun intérêt pour un lecteur adulte.
 
http://faranzuequearrieta.free.fr
 
Tags : Schmitt, cycle de l'invisible, Albin Michel, Aranzueque-Arrieta
​ 4 | 4 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.210) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le samedi 05 mai 2012 04:45

Moon Palace de Paul Auster

Moon Palace de Paul AusterMoon Palace
Paul Auster
Acte Sud
 
Marco Stanley Fogg revient sur les étranges coïncidences qui ont marqué sa jeunesse, au milieu des années soixante.
Orphelin à onze ans, il est recueilli par son oncle Victor, le frère de sa mère, un musicien bohème, grand lecteur et amateur de baseball.
A la mort de celui-ci, devenu un étudiant fauché, il vivote entouré des milliers de livres qu'il a hérité de son oncle, rangés dans des cartons qui meublent son appartement. Il vend les livres au fur et mesure qu'il les lit pour parvenir à ses besoins, survivre.
Une fois le trésor littéraire évaporé, sans ressources, il est contraint de quitter son refuge. Il erre pendant des semaines dans les rues de New York puis à Central Park, comme un bateau à la dérive, confronté à lui-même.
A l'article de la mort, son ami Zimmer et Kitty Wu, de qui il tombe éperdument amoureux, le retrouvent et le sauvent in extremis.
Une fois rétabli, il devient l'homme de compagnie de Thomas Effing, un vieil infirme misanthrope en fauteuil roulant pour qui il écrit sa biographie. Apparaissent d'étranges coïncidences entre la vie des deux personnages. Cette rencontre va bouleverser son existence et ouvrir « sa » boîte de Pandore personnelle.
A la mort d'Effing, il rencontre son fils Salomon Barber ; ce dernier croyait que son père était mort lors d'un voyage entrepris avant sa naissance.
Moon Palace, publié en 1989, fait partie des premiers romans de Paul Auster. Toutes les obsessions austeriennes qui alimenteront son ½uvre à venir sont déjà présentes dans le récit de Fogg : la solitude, l'errance, le père, le hasard, l'Art et la Beauté - au sens philosophique -, la littérature - lecture et écriture -, la ville de New York, l'argent...
Il s'agit d'un roman initiatique, identitaire dans lequel le jeune Fogg, confronté à lui-même, seul au monde, Robinson contemporain perdu et abandonné dans la jungle urbaine new-yorkaise, entame un voyage intérieur puis physique ou géographique pour découvrir ses racines, renouer avec son identité ; il tente tout au long de son périple de répondre aux questions essentielles : qui suis-je et d'où je viens ?
Le roman se construit comme un puzzle dont les pièces sont distribuées au fur et à mesure pour permettre au lecteur de les unir.
Comme souvent Auster s'embarque dans la narration d'un autre récit dans le récit, dans la construction d'une histoire parallèle - celle de Thomas Effing ou de Salomon Barber - pour décontenancer le lecteur, brouiller les pistes, pour mieux retomber sur ses pieds à la fin.
C'est l'occasion pour l'auteur de donner une envergure plus philosophique à son récit. Il se penche ainsi sur le sens du Destin - peut-être doit-on même parler de prédestination ou malédiction, comme si tout était déjà écrit et que le clan Barber devait trébucher sans cesse sur la même pierre -, sur le sens de la Beauté - Effing, seul dans sa grotte, perdu dans le désert, dessine, peint, écrit avec une liberté qu'il n'aurait jamais pu expérimenter s'il avait été confronté au regard des autres -.
Pour parvenir à cet état de lucidité, comme souvent les personnages d'Auster sont confrontés à des situations extrêmes, ils sont au bout du gouffre, touchent de près la mort, connaissent - parfois s'imposent - la douleur physique et morale à la façon d'une expérience mystique, ils côtoient la folie.
Moon Palace est aussi un roman sur l'errance et la solitude, celles de Fogg - notons le choix du patronyme en hommage au Fogg de Jules Verne -. Le voyage qu'il entame au plus profond de lui est multiple. Il se fait d'abord à travers la lecture des livres de son oncle dans son appartement qui rappelle la caverne d'Ali Baba, puis en errant dans les rues de New York ou dans la nature recomposée de Central Park, et enfin à travers la recomposition du puzzle grâce aux rencontres qu'il effectue.
Finalement, tous les éléments de sa vie en main, fauché - il se fait voler l'argent que lui lègue Barber -, orphelin à nouveau - de père cette fois-ci -, il traverse à pied l'Amérique vers l'Ouest, vers le bout du continent, la fin du monde ; chaque pas le construit un peu plus.
L'auteur semble nous dire que l'homme doit s'éloigner de la civilisation pour s'accomplir, que la société corrompt son accomplissement ontologique. Il recrée d'ailleurs à travers l'errance de Fogg et le roman de Barber, Le sang de Képler, dont il rapporte l'argument, un clin d'½il au mythe du bon sauvage de Rousseau.
Moon Palace - du nom du restaurant chinois dont Fogg observait l'enseigne de sa fenêtre - fait partie des grands romans de Paul Auster, un récit intrigant placé sous le signe de la lune - les coïncidences et parallèles avec le terme moon et son évocation sont nombreux -.
C'est à la fois un roman d'aventures, un roman initiatique mais aussi un livre qui développe une dimension à la fois humaniste et existentialiste.
L'écriture fluide, l'utilisation singulière du traitement de la temporalité, les nombreuses références culturelles - littérature, peinture, sciences, architecture... -, l'ambition philosophique du récit, la construction particulière - très austerienne - des personnages, les rebondissements permanents et les digressions narratives sont quelques uns des arguments qui font de Moon Palace un beau moment de lecture.
Le Paul Auster 1989 est un très bon cru que nous conseillons vivement.
 
http://faranzuequearrieta.free.fr
Tags : Auster, moon palace, acte sud, Aranzueque-Arrieta
​ 3 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.210) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le mardi 01 mai 2012 08:30

Modifié le mardi 01 mai 2012 13:16

La religieuse de Denis Diderot

La religieuse de Denis DiderotLa religieuse
Denis Diderot
Gallimard
 
Pour expier la faute de sa mère - une aventure extraconjugale -, Suzanne, fille illégitime du couple Simonin, est contrainte de prononcer des v½ux qui la condamnent à la vie religieuse.
Le roman de Diderot raconte à la première personne du singulier, sous la forme de confidences, les infortunes de la jeune fille dans les trois couvents où elle a séjourné – Sainte-Marie, Longchamp, Sainte-Eutrope -.
Le récit est une longue lettre adressée au marquis de Croismare, Suzanne lui demande secours, une fois qu'elle est parvenue à fuir de ces saints lieux de perdition.
Lors de sa publication en 1796 – douze ans après la mort de l'auteur -, le livre fit grand scandale. La religieuse fut cependant rédigée principalement en 1780 et publiée par feuilletons dans La Correspondance littéraire – périodique confidentiel destiné à l'aristocratie éclairée de l'époque - entre 1780 et 1782. Le roman est considéré comme une ½uvre majeure de la littérature anticléricale, bien que son propos soit plus riche.
Diderot s'en prend à un des préceptes de l'Ancien Testament qui prétend que les enfants doivent payer pour les fautes de leurs parents – jusqu'à la troisième et quatrième génération -. C'est en fait un prétexte pour dénoncer les pratiques singulières et malsaines qui sévissaient dans certains couvents. En effet La religieuse s'inspire du témoignage d'une jeune fille (Marguerite Delamarre) enfermée par ses parents au couvent de Longchamp ; elle était, à l'instar de Suzanne Simonin, le fruit d'un amour illicite entre sa mère et un homme qui n'était pas son mari.
Diderot contrairement à la narratrice était athée, mais c'est à travers elle qu'il charge contre la religion de l'intolérance et de la perversion.
La jeune nonne, ne supportant pas cette vie d'enfermement qu'on lui a imposée, décide de rompre ses v½ux avec l'aide d'un avocat, maître Manouri. Dès lors, prise en grippe par sa Supérieure, elle devient le bouc-émissaire de la communauté de Longchamp, elle est victime de harcèlements, de maltraitances, des plus viles humiliations ; sa vie ressemble à un enfer.
Grâce à son directeur spirituel et à son avocat elle parvient néanmoins à changer de couvent, mais cette fois-ci on lui attribue le rôle de la favorite, l'objet du désir de sa nouvelle Supérieure, une nonne libertine et lascive aux penchants saphiques.
Elle parvient à s'échapper du couvent ; au moment de la rédaction de son témoignage, elle attend avec désespoir l'aide du marquis de Croismare.
Diderot a fouillé dans le plus sordide et le plus sale de l'âme humaine, mais ces perversions qu'il dépeint, en empruntant la voix innocente de Suzanne, sont le fruit pourri que fait germer la religion catholique.
Il s'attaque à une institution dont le premier des fondements va à l'encontre de l'essence même de l'homme : la négation de la Liberté. L'obédience et l'asservissement à Dieu avilit l'homme et l'éloigne de son accomplissement ontologique. Si l'on enlève la liberté aux hommes, on les détourne de leur humanité ; cela conduit fatalement vers le vice et l'inhumanité.
Il faut considérer La religieuse comme un livre à thèse dont les feuillets ont été rassemblés par les amis de Diderot quelques années après sa mort ; les quelques maladresses stylistiques donnent parfois à l'½uvre un aspect quelque peu inaboutie, notamment dans les dernières pages du roman – à partir de la mort de la Supérieure de Sainte-Eutrope -, mais cela confère au témoignage de Suzanne Simonin un caractère plus fort et authentique qui ne dessert en rien les propos du philosophe.
Diderot dénonce le fonctionnement hypocrite de toute une société qui, même pendant ces années agitées que connait la France de la pré-Révolution, est sous le joug idéologique et moral de la religion catholique.
Les infortunes de la belle Suzanne rappellent les perversions littéraires du marquis de Sade qui publie ses premiers textes dès 1791.
La religieuse est avant tout un hymne à la Liberté et au droit de choisir son destin, en refusant la destinée sociale, religieuse ou politique qu'on impose aux hommes – et surtout aux femmes comme d'habitude... - sous couvert d'une éthique religieuse dont on nous refuse encore aujourd'hui le droit de questionner les fondements philosophiques.
Une ½uvre-clé de la littérature française qu'il faut lire à tout prix !
 
http://faranzuequearrieta.free.fr
Tags : Diderot, La religieuse, Aranzueque-Arrieta
​ 2 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.210) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le vendredi 20 avril 2012 06:29

Modifié le vendredi 20 avril 2012 12:37

Lo que me queda por vivir de Elvira Lindo

Lo que me queda por vivir  de Elvira LindoLo que me queda por vivir
Elvira Lindo
Seix Barral
 
Antonia, la narradora, una joven guionista que también trabajó en la radio y la televisión a principios de los bulliciosos años ochenta, hace un inventario de su vida. Vuelve a Madrid, siendo una joven madre divorciada con un niño, Gabriel, que tuvo a los 19 años.
Lo que me queda por vivir es casi un estudio sociológico sobre la soledad y la dificultad de ser una mujer sola.
El relato pone el dedo en la llaga del malestar de Antonia joven, ya que la narradora cuenta su vida, años después, estando nuevamente casada y con la serenidad recobrada.
A través de un relato de lo más íntimo, la protagonista se confronta a sí misma, emprendiendo un largo viaje interior, caminando por senderos sinuosos que la llevan al borde del abismo, de su propio abismo.
Observamos y compartimos los errores de esta mujer joven, indefensa, perdida, perseguida por la mirada de sus familiares, de su pasado y por el peso social de ser a la vez mujer y madre sola.
El nacimiento de su hijo y la muerte de su madre son los dos acontecimientos primordiales en la formación/deformación a nivel ontológico de Antonia. Ambos eventos la conmocionaron en lo más hondo de su ser ; ella los sufrió, los experimentó con fatalidad casi a la manera de una víctima porque no tuvo la oportunidad de rebelarse contra ellos.
A partir de esas conmociones arraigadas a la maternidad (ser madre y perder a su madre), la novela desarrolla una problemática de la construcción emocional femenina. ¿Cómo ser mujer y madre después de ese doble trauma (físico y psicológico)?
Tanto el dolor de la orfandad como el de la maternidad son dos de los principales hilos conductores que hilvanan el discurso narrativo de la novela.
Lo más acertado en este libro, es la capacidad que tiene Elvira Lindo para hacernos sentir una gran empatía con Antonia. A medida que vamos leyendo su relato, nos adentramos en la espiral de su vida que tiene un tinte realmente auténtico.
La confrontación propia, el desencantamiento de la vida y los rencores que proporciona, la dura experiencia de la maternidad siendo una mujer jovencísima, los fantasmas obsesivos del pasado, son unos de los temas desarrollados con ingenio en esta novela.
Hemos leído con interés Lo que me queda por vivir, pero a pesar de sus indudables calidades literarias, el discurso narrativo coherente e ingenioso al servicio de una escritura de lo íntimo no ha logrado sorprendernos, ni convencernos del todo.
Aún así es un libro que aconsejamos, principalmente a las mujeres.
 
http://faranzuequearrieta.free.fr
Tags : Elvira Lindo, Lo que me queda por vivir, Seix Barral, Aranzueque-Arrieta
​ 2 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.210) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le samedi 07 avril 2012 03:52

Modifié le vendredi 20 avril 2012 06:38

Ses archives (125)

  • La religieuse de Denis Diderot ven. 20 avril 2012
  • Lo que me queda por vivir  de Elvira Lindo sam. 07 avril 2012
  • Une femme avec personne dedans de Chloé Delaume mer. 28 mars 2012
  • 1Q84 - Livre 3 d'Haruki Murakami dim. 18 mars 2012
  • Château en Suède de Françoise Sagan dim. 04 mars 2012
  • Précédent
  • Suivant
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • ... 25
  • Suivant

Signaler un abus

Design by faranzuequearrieta RSS

Skyrock.com
  • Skyrock

    • Annonceurs
    • Jobs
    • Contact
    • Sources
    • Poster sur mon blog
    • Développeurs
  • Infos

    • Sécurité
    • Conditions
    • Aide
    • Signaler un abus
    • En chiffres
  • Mobile

    • Ton mobile
    • iPhone
    • Android
    • BlackBerry
    • Nokia
    • Samsung Wave
    • Windows Phone
  • Pays

    • International (english)
    • France
    • Canada (français)
    • Belgique (français)
    • Maroc (français)
  • Autres sites

    • Skyrock.fm
    • Tasanté
    • kwest
    • Zipalo
  • Blogs

    • L'équipe Skyrock
    • Honneurs
    • Vidéos
    • Gadgets
    • Newsmusic
    • Thèmes